Régionale 2010 Bretagne

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Le blog de campagne des régionales 2010

Bretagne phare du monde monde

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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 15:36
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Publié dans : Par Alexandre Noury
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 16:07

Par Alexandre Noury, tête de liste


Rennes, le 12 janvier 2010 – Je suis très heureux de vous présenter aujourd’hui notre liste, qui vise à faire de la Bretagne un exemple, un levier et un phare. A l’heure où le système financier et monétaire international se désintègre, nous sommes face à un terrible risque, mais qui est aussi une grande occasion.

Bretons, nous avons bénéficié dans les années soixante, avec l’élan des Trente glorieuses, d’un développement qui nous a redonné le goût de vivre au XXe siècle et les moyens de donner un avenir meilleur à nos enfants.

Cependant, depuis, cet élan de reconstruction et de grands projets d’alors est arrivé au bout ou a été dévoyé. Le modèle de développement agricole breton est contrôlé par les cartels de l’agro-alimentaire, complices des spéculateurs financiers. L’argent qui devrait servir à développer la Bretagne est pompé hors de notre région, non pas même pour enrichir le reste de la France ou de l’Europe, mais pour nourrir des investissements boursiers ou immobiliers de parasites financiers.

Aucun effort réel n’est fait, dans ces conditions, pour penser l’avenir : sortir la Bretagne de sa dépendance énergétique, transformer les déchets en ressources, investir dans les techniques du futur, tant dans le transport que dans l’énergie. Avec les éoliennes, c’est comme si on nous disait de revenir aux temps de la marine à voile et des lampes à huile en les dopant par de l’électronique.

Notre liste a pour but, au contraire, de tracer les pistes du futur. Car nous savons qu’un être humain n’est réellement juste et utile pour les autres que s’il dépasse l’expérience du passé pour poser les jalons de l’avenir.

Je comprends que des tentations vertes, écologistes ou autonomistes apparaissent, face à l’incapacité de l’Etat parisien, face à des gaullismes et des socialismes dévoyés, face à une Europe devenue complice de la City et des financiers, face au sentiment que nous sommes abandonnés.

Cependant, il n’y a pas d’issue qui ramène au passé. Il faut au contraire porter les yeux vers l’horizon et se battre pour que la Bretagne rentre dans le monde de demain, comme elle l’a toujours fait aux moments les plus déterminants et les plus glorieux de son histoire. Notre campagne sera donc comme un phare vers un nouveau monde, ayant pour objectif de donner à chacun les moyens d’entreprendre une reconstruction, chacun à sa manière comme hier à Brest ou à Saint-Malo, avec le vent du large dans le visage et une certaine idée de la France au fond de soi.

La cause de l’humanité, dont je veux la Bretagne exemplaire, vit toujours d’un projet étendant les capacités humaines de tous. C’est le projet que nous allons vous présenter, et pour lequel – car il n’y a ni dogme ni espace fermé en politique – nous vous demandons de coopérer avec nous. Par un dialogue, en en parlant et en y réfléchissant entre amis, militants, voisins, relations, car un projet politique doit devenir un être vivant, non un cadavre entretenu par de la propagande.

Cette Bretagne de l’avenir, je la vois :

  • fournie en électricité non par un éolien ruineux pour tous, sauf pour ceux qui en profitent aux dépens des contribuables, mais par un nucléaire nouveau, les petits réacteurs à haute température adaptés à notre environnement. Ce n’est pas le modèle d’Areva-Westinghouse, c’est celui de réacteurs de petite puissance, de l’ordre de 150 MW, de la quatrième génération et à sécurité intrinsèque. La Bretagne peut et doit être autonome dans ce secteur, avec au besoin l’aide de l’Afrique du Sud, de la Chine et de l’Inde, qui s’engagent dans cette même voie.
  • se donnant, grâce à cette électricité à bas coût, un autre modèle agricole, sortant par le haut de l’actuel en transformant les déchets en ressources. Les grands intérêts financiers ne doivent plus contrôler la production et la commercialisation du porc, de la volaille et du lait. Il faut une politique de juste prix et non de cartellisation agro-alimentaire, une politique que nous devons défendre à Bruxelles et à Paris. En aval, finançons mieux des plateformes de compostage pour traiter les algues et des stations d’épuration pour les pollutions urbaines ou touristiques. En amont, considérons le sol comme un milieu vivant, et non comme un milieu passif sur lequel on jette des engrais, des pesticides et des herbicides pour produire. Je ne suis pas contre la production ou pour la décroissance, sauf la décroissance des spéculateurs financiers. Le défi est d’étudier ensemble les meilleures conditions pour produire mieux. La région doit les financer, en écoutant différentes équipes de recherche sur les conditions d’élevage des porcs et de la volaille, sur les liens entre élevage et production de maïs, sur les conditions les meilleures pour l’épandage.
    Il faut à la fois éviter un lessivage absurde des sols et l’aggravation des conditions de production des agriculteurs. C’est possible, mais seulement en affrontant les intérêts des financiers prédateurs qui essayent de monter agriculteurs contre écologistes dans un combat stérile. Diviser pour régner, cela a toujours été la devise des empires financiers, à Londres, à Wall Street, à Bruxelles ou en France, avec leurs collaborateurs sur place. Notre campagne visera au contraire à unir pour assurer un futur.
  • créant les conditions d’une conversion des sous-traitants de l’automobile vers un « équipement du futur », avec des réseaux de transport urbain collectif à grande vitesse et la production d’automobiles électriques et à hydrogène. Nous présentons un projet mettant chaque ville de notre région à moins de 15 minutes de la suivante, un réseau fondé sur le principe de l’aérotrain, l’invention de l’ingénieur Bertin dont notre région doit devenir pionnière, ou du Maglev à lévitation magnétique. C’est moins polluant, avec un moteur linéaire, et plus rapide, ce qui permettra de remplacer l’avion pour les vols de moins de 1500 km. Pas de troisième aéroport à Notre-Dame-des-Landes, mais pas non plus de replâtrage des transports existants ! La Bretagne doit faire un pas dans le futur en appliquant la création humaine et en s’intégrant par un modèle de transports à l’image de ce que l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne avait imaginé pour un Swiss Metro. Trop cher ? Pas avec l’aérotrain, hier sabordé par les milieux financiers et des ingénieurs sans imagination, aujourd’hui à revoir comme une voie possible pour rentrer dans l’avenir.
  • créant des centres d’éducation et de formation professionnelle non pour l’intérêt des cartels, mais pour les besoins de la Bretagne de demain : former en priorité ceux qui ont le plus de difficultés au départ ou pour une reconversion, et les femmes cherchant à trouver un emploi après la naissance de leurs enfants, et les former en vue des métiers du futur présentés dans notre projet.
  • ouvrant un musée des découvertes scientifiques et de l’espace à partir de l’œuvre de Kepler, pour former à l’esprit de découverte les jeunes et les moins jeunes, en mettant leurs pas dans ceux des découvreurs et non en leur assénant des formules mathématiques ou en les impressionnant par un savoir en vitrine. Ni Claude Allègre ni les écologistes ne savent expliquer pourquoi c’est Kepler qui a découvert la gravitation universelle, et non Newton ou Galilée. Dans le musée que je conçois, nous ferons découvrir aux visiteurs comment Kepler a fait, en leur faisant mettre la main à la pâte.

Voilà notre projet, voilà ce par quoi nous tranchons sur les autres, qui s’adaptent à un ordre donné ou fuient vers un passé condamné. Nous ouvrons des pistes nouvelles, eux administrent ou extrapolent.

Cependant, bien entendu, il ne faut pas rêver. Ce que nous proposons, et qui est nécessaire pour l’avenir, en intégrant la Bretagne dans une économie du futur française, européenne et mondiale, exige un grand combat.

Un combat à mener en Bretagne, en France, en Europe et dans le monde contre les intérêts financiers qui non seulement étouffent la croissance, traitent les hommes comme des kleenex et nient les ressources de la création, mais qui entraînent le monde vers la destruction et la guerre.

Le parti qui nous soutient, Solidarité et Progrès, a prévu la crise qui nous frappe parce que nous avons vu ce qui manquait : une volonté politique capable de défendre la justice et le peuple et, en Europe, capable de briser les menottes que nous imposent les Traités de Maastricht et de Lisbonne. Ces traités empêchent l’Europe, les Etats et les régions d’émettre directement du crédit pour la production. Ils nous ont ainsi imposé un endettement permanent auprès des banques et des sociétés d’assurance, les complices des cartels !

C’est la loi du système de la City, un impérialisme financier organisé à Londres qui impose le gain à court terme et sacrifie l’avenir. C’est pour ce système que plusieurs centres d’enseignement en Bretagne ont de fait travaillé : ainsi, l’Ecole supérieure de commerce de Brest fournit depuis le début de ce siècle des opérateurs à la City de Londres, avec une formation à œillères financières ! Le circuit de pillage de la Bretagne a été organisé par les complices de Londres et de Bruxelles en France.

Nous nous battons pour l’arrêter. Nous nous battons pour rétablir un système de crédit public, comme avant 1973 et 1974, comme avant l’entrée de l’Angleterre dans le Marché commun, nous nous battons pour retrouver ensemble notre souveraineté nationale et notre autonomie régionale. Nous nous battons pour que la France adhère à un nouvel ordre international fondé sur le crédit pour le développement et non sur l’empire de la monnaie, catalysant les forces de la Russie, de l’Inde, de la Chine et des Etats-Unis afin de constituer une alliance suffisamment puissante pour défier la City et Wall Street.

Notre combat est très difficile car toute l’organisation du système politique favorise, par l’argent et les influences, les élus en place et leurs sponsors. C’est pourquoi, contre les égoïsmes, les petitesses et les égarements de notre époque, j’appelle à une réflexion et à un engagement pour tracer une nouvelle frontière.

Dans l’esprit de Fulgence Bienvenüe, qui apporta le train jusqu’à Fougères et construisit le métro de Paris, dans l’esprit social de l’abbé Louis Bridel et d’Yves Le Foll, de Pierre et de Marie Curie et de tous ceux qui venaient en vacances à l’Arcouest.

Nous devons, pour obtenir ce qui est nécessaire à l’avenir de la Bretagne, nous hausser à une bataille à l’échelle du monde, mais après tout, les vaisseaux sculptés sur le clocher de Roscoff comme l’épopée des pêcheurs de l’île de Sein en 1940, ne sont-ils pas la preuve que l’âme de la Bretagne est ainsi faite, tournée vers le large ?

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Publié dans : Par Alexandre Noury
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 10:36

Simple ! Détruire leur identité puis les téléguider.


Voici quelques cas d’école de l’abattoir culturel. Commençons par Secret Story 3 (SS3), le programme est bien rodé, les candidats triés sur leur profilage psychologique évoluent pendant 3 mois dans une maison avec des éliminations hebdomadaires. Les critiques disent : "c’est du vide, c’est nul…" C’est faux car 5 millions de gens sont tenus en haleine chaque jour par les événements qui s’y enchaînent par l’intervention à distance de la production. Cette émission jouant sur la réalité et le mensonge devient donc l’agenda mental d’une grande partie de la population, où la reconnaissance sociale est centrée sur celui qui ment et qui triche le mieux. Le programme à son avatar sur le net, où les vidéos vus dépassent les 500 000 visites et par chance la souris peut vite se retrouver sur des sites charmants où l’héroïne se (bip).


Facebook à présent, ce site communautaire où vous accumuler des centaines, des dizaines de conoissances allant de la maternelle, à la soirée étudiante, jusqu’aux cousins cousines. Connaissances Réels et amis virtuels. Le groupe face book de SS3 à par exemples 500 000 amis! Depuis 1 an la mode est à la rencontre, le slogan est : "Marre du virtuel, place au réel". Des "Facebook party" ou "Freeze experience MP3" ont eu lieu le 12 septembre dans 33 villes de France. Des centaines de gens réunis sur la place publique se figent à l’heure indiquée. Ils effectuent ensuite ensemble, les faits et gestes commandées par le fichier audio qu’ils écoutent, l’ayant au préalable enregistré.


Rentrons à présent dans la peau d’une jeunesse britannique à fleur de peau de la série culte Skins (Canal Plus). Demander à un lycéen, il connaîtra et sera surtout surpris que vous aussi! Cette série alterne l’idée de la mort et celle du sexe toute les deux minutes, faisant bien ressentir aux acteurs/spectateur la sensation de vertige qu’impose une existence dénué d’utilité et privé de sens.


Poussant le vice plus loin depuis 2 ans Canal Plus et à présent TF1, jouent sur la confusion du sentiment avec leur série Dexter. La campagne de promo de la série qui avait été affiché dans les villes, exposait le slogan "Dexter le gentil méchant" avec la photo de l’acteur souriant malgré les éclaboussures de sang maquillant son visage. Son Hobby: les Assassins non condamnés, ce policier en fait son affaire personnelle en les éliminant sans traces. Désensibilisant notre audience, cette fois ci un peu plus âgée à l’acte de tuer.


Gamer, voici le nouveau film ou le joueur se joue de véritable individus connecté répondant de parole et de fais et gestes. Tant dans une sorte de second life ou une société de créatures de plaisir ou plus touchant encore contrôlant des condamner à mort dans des missions de guerre tuant à balle réel. Le méchant est par hasard joué par l’acteur de Dexter et c’est avec une grande dextérité que ce feuilleton sera diffusé dès la rentré par TF1.


Parlez en autour de vous pour vous rendre compte du carnage, voyez ensuite si je suis dans le faux ou dans le réel. Il y a un vide à remplir car ce monde là, n’est pas celui des idées et sans idéal, à quoi bon s’engager ?

 

Publié dans : Par Alexandre Noury
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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 10:42

9913595-copie-1.jpgPar Jacques Cheminade (Président de Solidarité et Progrès)


L’incapacité de nos dirigeants à sortir de la prison mentale du système où ils opèrent et dans lequel ils ont réussi leur carrière n’a jamais été aussi manifeste que lors de la deuxième session du « Colloque sur le nouveau monde et le nouveau capitalisme », organisé par Eric Besson les 7 et 8 janvier. Cette session est la suite de celle de l’an dernier, lors de laquelle l’invité d’honneur, Tony Blair, était présenté comme un rénovateur. C’est comme si on invitait l’auteur du crime à mener l’enquête. Les participants de cette année sont, au hasard de la liste d’intervenants, Eric Besson, Christine Lagarde, Joseph Stiglitz, Ngozi Okonjo-Iweala, Eric Woerth, Chris Bryant, Jeffrey Sachs, Alain Minc ou Gamal Mubarak.


Vous avez dit « nouveau monde » ? Cela ressemble plutôt aux phases suicidaires de la Révolution française, où l’on sortait tout l’attirail de l’Empire romain. Enfin, le discours de Nicolas Sarkozy témoigne d’une pensée serve : s’il reconnaît une crise systémique, une crise de la mondialisation de la finance, il propose de substituer au monétarisme dominant un « système multi-monétaire » et se gargarise du succès du début d’une révolution à Copenhague.


Tout cela serait vulgaire et subalterne si une terrible réalité n’en était pas l’arrière-plan : un monde qui sombre, ne consacrant rien ou presque à atténuer les souffrances sociales et le chômage et s’abstenant de préparer l’avenir par des programmes d’investissement. Selon le Fonds monétaire international (FMI) lui-même, les pays du G20 ont consacré en moyenne 17,6 % de leur PIB au soutien direct du système financier (sans garanties ni réel contrôle) et moins de 1 % du même PIB entre 2008 et 2010 (estimation) pour d’autres mesures ! Bien pire encore, aujourd’hui le prix des actions et des matières premières monte quand l’investissement baisse et que le chômage augmente, car les financiers espèrent que la crise continuera à les nourrir. Avec l’argent fourni pratiquement à taux zéro par les Etats, ils jouent en bourse ou sur les différentiels de taux d’intérêt entre devises, sans que rien ou presque n’aille à l’économie réelle.


Plus ça va mal pour les êtres humains et leur équipement futur, plus ça va bien pour les prédateurs financiers.


C’est dans cet univers que l’Europe, pieds et poings liés par ses traités monétaires, de Maastricht en Lisbonne, se détruit elle-même et entraîne le monde dans sa chute, faute de projet et d’objectifs, alors que plusieurs bulles à la fois s’apprêtent à éclater.


Nous continuons à participer à la guerre en Afghanistan alors que le général Petraeus, commandant des Forces armées américaines, envisage ouvertement de bombarder les sites militaires iraniens.


Bien entendu, on ne parle pas de tout cela – de la réalité – au colloque de MM. Besson et Sarkozy, et pendant ce temps, leur ami Bernard Arnault est sur le point d’embaucher Tony Blair comme conseiller spécial du groupe LVMH, après avoir entretenu ses trois enfants depuis plusieurs années. Le serpent se mord la queue.


Notre campagne en Bretagne vise à ouvrir les pistes pour sortir de cette prison mentale. En constatant que 67 % des Français n’ont confiance « ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays » (TNS-Sofres pour le Cevipof et l’Institut Pierre Mendès-France), je me rappelle aujourd’hui que le char de mon ami le général Revault d’Allonnes s’appelait, dans la 2ème DB, Sainte-Anne d’Auray.

Publié dans : Par Jacques Cheminade
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 17:38
Par Alexandre Noury


La chance d’être candidat


Les révolutionnaires américains ont perdu presque toutes leurs batailles, mais ont gagné la guerre. Renoncer à livrer une bataille, c’est en même temps renoncer à gagner la guerre. Chaque bataille accomplie leur permettait de gagner en puissance en vue de la bataille décisive. Le film The Crossing (1), relatant l’exploit de Washington et de ses troupes lors de la traversée du fleuve Delaware à Trenton, le jour de Noël, est un exemple à connaître et à suivre…


Intervenir dans une élection, c’est le seul moyen de voir ce qu’il se passe et de mieux connaître les forces et les intérêts en présence. Plutôt qu’un simple regard extérieur, intervenir est aussi le meilleur moyen de juger de leur honnêteté. Je n’ai pas été déçu, les balles ont rapidement sifflé. La presse locale a tenté de jeter le doute sur ma candidature et certains réseaux locaux ont relayé des calomnies à mon encontre. Mais le soir des résultats, à la mairie de Redon, les responsables semblaient plutôt mal à l’aise face à moi.


Du point de vue strictement électoral, cent personnes ont voté pour moi, essentiellement dans les zones où je les ai personnellement rencontrées au porte-à-porte et où je suis revenu les mobiliser. Cent personnes dans une petite ville, c’est beaucoup. Le défi maintenant : les rassembler dans une prochaine réunion, les abonner à Nouvelle Solidarité et même les faire devenir membre du parti. Lors de ma réunion publique à trois jours du scrutin, sept personnes nouvelles se sont jointes aux militants plus chevronnés. A quelques mètres de là, le mouvement pour la décroissance ne rassemblait en tout et pour tout que quatre personnes pour une discussion entre convaincus, qu’ils ont eux-mêmes qualifiée de stérile. Quant au maire de Redon, quelques jours avant, il n’attirait qu’un seul citoyen lors de sa réunion, et ce dernier lui demanda ce qu’il pensait de ma candidature…


Pour transformer cet essai, nous sommes retournés après les élections coller nos affiches, accompagnées d’affichettes (2)  invitant nos concitoyens à venir écouter tous les jours à 19h les voix de la résistance sur Radio S&P. Nous avons commencé à établir une liste et une carte des personnes les plus enthousiastes rencontrées durant la campagne, afin d’établir un circuit des boîtes aux lettres de ces quelques dizaines de « VIP » qui auront la chance de recevoir notre journal et nos tracts à chacun de nos passages. La semaine dernière, nous sommes déjà retournés voir certains d’entre eux qui se sont spontanément  abonnés à Nouvelle Solidarité et ont effectué des dons en soutien à nos actions. Au second tour, c’est le candidat socialiste, Jean-François Guérin, qui a été élu conseiller général du pays de Redon. J’avais appelé à voter pour lui et je poursuivrai le dialogue, car le plus difficile n’est pas de remporter une élection mais de changer le système et les habitudes.

 

Pour la majorité oubliée

 

Un grand nombre d’individus ne votent pas ou ne sont pas inscrits. Carnot disait : « Mieux vaut des républicains sans République, qu’une République sans républicains ». Notre mission est de redonner aux individus la chance de devenir de vrais citoyens. Pensons à notre amie Amelia Boynton Robinson, héroïne du Mouvement des droits civiques. Dans l’Alabama des années 1920 et 30, elle se battait déjà auprès des citoyens victimes de la ségrégation pour qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales, leur donnant ainsi la chance de devenir citoyens, responsables pour eux-mêmes, ainsi que pour les autres.

 

Nous devons en même temps alimenter les curieux, mais avant tout, redonner aux gens repères et références, afin qu’ils soient à même de juger les projets et les politiques qui peuvent nous redonner un avenir prospère pour tous. J’ai découvert en lisant le livre de Félix Oyallon, Redon à travers les siècles, que Léonard De Vinci était venu dans cette ville pour rendre la Vilaine navigable jusqu’à Rennes. C’est drôle, non ? Quelle chance de rendre les jeunes du pays familiers avec l’optimisme de ce grand génie de la Renaissance ! Pourquoi ne pas ériger une statue de Léonard à côté du canon ?


Car la réalité sociale sent la poudre. Depuis un an, une opération de la gendarmerie a démantelé un réseau de trafiquants de drogue sévissant dans le pays de Redon. Ce réseau a engrangé 2,4 millions d’euros, 250 toxicomanes ont déjà été arrêtés, dont la moitié d’héroïnomanes ! Ce ravage est loin d’être un phénomène isolé, car à Nantes, à 70 km de Redon, les quantités de cocaïne en circulation explosent : le prix du gramme se trouve aujourd’hui à 30€, contre 80€ par le passé. De quoi percher les nombreux festivaliers qui convergent vers la Bretagne en été et enflammer l’atmosphère de nos banlieues.


J’ai créé pour la campagne un compte sur Facebook que j’ai légèrement alimenté. Cette plateforme virtuelle, qui n’a de « sociale » que le nom, est l’un des quelques endroits où l’on peut toucher les jeunes Redonnais. Mais je n’ai hélas pu prendre le dessus sur les publicités ciblées qui surgissent à chaque page pour inviter les internautes à rencontrer la femme et/ou l’homme de leurs rêves. Comme les drogues et l’occasion pour s’en procurer ne sont pas rares, Facebook rend les jeunes accros en leur permettant de vivre un fantasme permanent.


Un média plus efficace politiquement est à tous points de vue le DVD. Durant la campagne, nous en avons produit et distribué deux cents, reprenant les films et vidéos que vous pouvez trouver sur le site S&P. A 50€ les deux cents DVD vierges (à graver artisanalement), il est relativement facile d’en produire et la plupart des foyers disposent d’un PC pour les regarder.

 

Echéances prochaines

 

La véritable bataille politique est de susciter l’envie de devenir créatif, de développer les « masses pensées » des citoyens, d’entretenir un processus de créativité au sein de la population. C’est la seule solution pour qu’elle puisse accueillir des idées nouvelles, comme par exemple, l’incommensurabilité entre le côté d’un carré et sa diagonale (√2)(3), l’incommensurabilité entre processus vivants et non-vivants, l’incommensurabilité entre S&P et les autres partis, qui n’attaquent jamais les causes et n’interviennent jamais sur elles. Pour les prochaines élections de 2010, j’entends déjà : « S&P, c’est de gauche ou de droite ? » Ma réponse : « C’est incommensurable ! » Si cette idée n’existe pas encore dans la population, j’ai un seul conseil : au boulot !

 


 

1) Pour voir ce film, me contacter : rennes@solidariteetprogres.org.

2) Affichettes format A4 : à télécharger depuis le site www.solidariteetprogres.org rubrique Tract puis Affichage.

3) Au sujet de l’incommensurabilité, je vous conseille l’article sur le doublement du cube, sur le site www.lymfrance.org.

Publié dans : Par Alexandre Noury
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